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4e édition du Salon des Collectivités Territoriales 2026 Jour 3 et Fin.

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Chronique d’Abidjan : Le grand rendez-vous manqué du transfert de compétences

Par notre envoyé spécial au Parc des Expositions
Abidjan, le 17 octobre 2026

et des costumes d’apparat des élus locaux, une sourde tension flottait dans les allées de la 4e édition du Salon des Collectivités Territoriales. Ce samedi soir, à l’heure des bilans, le constat qui s’impose va bien au-delà du simple succès populaire de l’événement. Il dessine une fracture silencieuse, mais profonde, entre les ambitions de l’État central et la réalité de nos territoires.

Le thème choisi cette année résonnait comme une promesse : renforcer et accélérer le transfert de compétences. Mais derrière la sémantique institutionnelle, les maires et présidents de régions ivoiriens ont choisi ce salon pour exprimer une lassitude collective. Transférer des responsabilités sans y adjoindre le portefeuille nécessaire ne relève plus de la décentralisation, mais du délestage de charges.

Le chiffre de la discorde : 20 %

Pour comprendre le nœud du problème, il faut écouter le plaidoyer qui a cristallisé toutes les attentions lors de la clôture des travaux, largement relayé par l’AIP : la demande ferme d’obtenir au moins 20 % des ressources globales de l’État.

Pourquoi ce chiffre ? Parce qu’à l’heure actuelle, le décalage est criant. On demande aux municipalités de gérer l’urbanisation galopante, de construire des écoles de proximité, de numériser l’état civil et de gérer les crises environnementales locales, tout en les maintenant sous perfusion de subventions étatiques distribuées au compte-gouttes. Sans autonomie financière, nos communes restent des géants aux pieds d’argile.

Au-delà du budget, le défi de la compétence

Notre analyse de ces trois jours de débats montre pourtant que l’argent n’est pas l’unique nerf de cette guerre. Plusieurs ateliers ont mis en lumière un autre défi de taille : la capacité technique des administrations locales. Si l’argent venait à couler à flots demain, nos régions ont-elles les ingénieurs, les urbanistes et les juristes nécessaires pour piloter des projets d’envergure ? La réponse est mitigée, et le salon a eu le mérite de poser la question de la formation des agents locaux.

En refermant les portes de cette édition 2026, une certitude demeure : la décentralisation en Côte d’Ivoire est arrivée à la croisée des chemins. Les élus locaux ont parlé d’une seule voix et posé leurs conditions. La balle est désormais dans le camp du gouvernement. Les prochains arbitrages budgétaires diront si le salon d’Abidjan était un véritable catalyseur de changement ou un énième forum de belles intentions.

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